Le sujet est remis sur la table à chaque élection, mais la situation ne semble pas s’améliorer. Les prochaines élections de mi-mandat ne font pas exception. Depuis 2010, près de la moitié des États des États-Unis (22 états) ont voté des mesures qui limitent plus ou moins le droit de vote. Dans la majorité des cas (19 sur 22), ces mesures ont été votées par des États contrôlés par des républicains le plus souvent liés à ces questions de documents d’identité (il n’existe pas de carte d’identité aux États-Unis ou à des citoyens ayant été condamnés pour certains délits. Certains cas comme la Géorgie ou la Floride ont été largement médiatisés.
La Floride est sans doute le plus emblématique dans la mesure où près de 1,5 million de résidents - plus de 9 % du corps électoral - ne peuvent pas voter au motif qu’ils ont commis un crime ou un délit, même s’ils ont purgé leur peine. Cette proportion s’élève à 17 % des votants africains-américains.
On se souvient de l’épisode qui a ridiculisé les États-Unis à l’occasion des élections de 2000 où le vote de la Floride avait retardé le résultat national pour se décider par une décision de la Cour Suprême en faveur de George W Bush au détriment de John Kerry. Cette situation pourrait être rectifiée grâce à l’Amendement 4. Si une majorité le vote, cet amendement restaurerait par défaut le droit de vote pour ce groupe de personnes, à l’exception de certains crimes. Aux États-Unis, on estime à 6 millions le nombre de citoyens qui ne peuvent pas voter parce qu’ils sont en prison ou en liberté conditionnelle.
L’Amendement qui, semble-t-il a de fortes chances de passer (des sondages réalisés par l’University of North Florida donnait 71 % de oui dépassant le seuil des 60 % pour que l’Amendement soit adopté), constituerait l’extension des droits civiques la plus importante depuis la loi Voting Rights Act of 1965. Elle sera de nature à modifier substantiellement les scrutins à venir en Floride. Aux élections de 2016, Donald Trump n’avait qu’un peu plus de 100 000 voix d’avance sur Hillary Clinton. Avec l’Amendement 4, il est très probable qu’Hillary Clinton l’aurait emporté.
Ci-dessous la liste des États recensés par le Brennan Center for Justice de l’école de droit à l’université de New York (NYU) dans lesquels des dispositions ont été adoptées et dont l’application vise assez clairement certains groupes de la population.

