“An unserious man, but with serious consequences” avait déclaré Kamala Harris pendant la campagne de 2024. Une phrase qui se vérifie tous les jours.
« Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » avait dclaré Edward Lorenz à l’American Association for the Advancement of Science intitulée en 1972 (“Predictability: Does the Flap of a Butterfly’s Wings in Brazil Set off a Tornado in Texas?“)
Contrairement avec ce qu’il rabache, Donald Trump n’a pas largement gagné les élections. Ce fut en fait, une des élections récentes les plus serrées. En nombre de voix populaires, il a gagné 49,81 % des voix, soit 1,47 % des votants, moins de la majorité absolue. En nombre de grands électeurs, avec la distorsion apportée par le système, il a remporté 312 grands électeurs contre 226 pour Kamala Harris, soit une répartition 58 % / 42 %.


Mais on le sait, à cause de ce système indirect, il aura fallu un déplacement de voix faible des républicains vers les démocrates dans trois ou quatre états clés pour changer le résultat. Il aurait suffi à Kamala Harris de gagner la Pennsylvanie, le Michigan, et la Géorgie ou la Caroline du Sud pour empocher les 51 grands électeurs et ainsi de gagner les élections. De combien de voix parle-t-on ?
Etats | Harris | Trump | ∆ | Report nécessaire |
Pennsylvanie | 3 423 042 | 3 543 308 | 120 266 | 60 134 |
Michigan | 2 736 533 | 2 816 636 | 80 103 | 40 052 |
Géorgie | 2 548 017 | 2 663 117 | 115 100 | 57 551 |
Il aurait fallu que 60 134 voix en Pennsylvanie, 40 052 voix dans le Michigan et 57 551 en Géorgie, soit un total de 157 737 voix dans ces trois états pour que Kamala Harris remporte les élections. 157 737 voix sur 155 millions de votants, soit 1 ‰. On appréciera.
Ce report de 1‰ a donc amené Donald Trump avec toutes les conséquences que l’on connaît, sur le plan intérieur comme extérieur.
Est-il besoin de les rappeler ? Sur le plan intérieur, Donald Trump s’enorgueillit d’avoir signé 107 Executive Orders, plus qu’aucun de ses prédécesseurs, souvent en toute illégalité.

Renvoyer nombre de fonctionnaires sans aucune explication, mettre à mal des agences gouvernementales comme l’USAID, supprimer le ministère de l’Éducation… La liste passée est déjà longue et de demande qu’à s’allonger. Supprimer le National Institute of Health dont l’appellation officielle remonte à 1930 par le Congrès. Supprimer la NASA, l’EPA, supprimer le Social Security Act signé par Franklin D. Roosevelt. Supprimer Medicare et Medicaid, l’Affordable Care Act. Pourquoi pas effacer les 13e, 14e et 15e amendements, revenir sur le Civil Rights Act de 1964…
Sur le plan international, signer une paix à n’importe quel prix avec les Russes pour le malheur des Ukrainiens, donner un blanc-seing à Netanyahou pour qu’il continue son “nettoyage” systématique de Gaza, revendiquer le canal de Panama, le Groenland, vouloir transformer le Canada en 51e état des Etats-Unis, imposer des droits de douanes sur tous les pays provenant de tous les pays du monde.
Je ne suis pas sûr que les 157 000 Américains en déposant le bulletin Donald Trump dans l’urne avaient en tête de telles conséquences, pour la planète entière.